Lo Collectiu Còp-sec et le Festival CHAP présentent L'Aiòli Kwéol ! 
Banquet populaire chanté


Samedi 1er Avril
De 11h30 à 16h à Viols-le-Fort (34)

Repas : Entrée, Plat (aïoli créolisée), Dessert (10€)
Vin : 8€ la bouteille
RESERVATIONS ULTRA CONSEILLEES au 06.40.10.46.74

Suivi à 21h du concert de Danyèl Waro et Zanmari Baré
Infos et préventes : 
www.chap-festival.com
collectiu-copsec.com

 

 

Cela faisait un bout de temps que l'idée d'organiser un banquet chanté occupait les membres du Collectiu Còp-sec.
C'est entre Rabelais et Frédéric Mistral, Robert Lafont et Félix Castan, Edouard Glissant et Claude Alranq que notre cœur, notre esprit et notre foi(e) balançaient, mais c'est bien la venue de nos collègues réunionaisDanyèl Waro et Zanmari Baré à Viols-le-Fort qui nous a mis à l’œuvre pour rassembler toutes ces facettes de notre collectif.

Nous vous attendons donc à ce festin poétique et gastronomique autour des créolités françaises, des bâtardises identitaires et des paroles décidément subalternes. 

Ce banquet populaire sera chanté, déclamé, slamé, rappé, improvisé... Réveillez les félibres qui dorment en vous ! 

Les musiciens du Collectiu Còp-sec (Lo BarrutL'Ane SoloBois vertGrail' OliLezards D'uDoctors de Trobar, Anaïs Vaillant) et leurs invités (cie du griffeFeMMaurescaLes Peigneurs de GirafeDjé BalètiDu Bartàs, Patois, Captain FLO, Michel Buisson, La Côco Soufflette - page et bien d'autres....) construiront les ponts métaphoriques entre les créolités outre-mer et celles de la « métropole ». 

La monoculture française rend sourd et aimerait nous rendre muets. Les langues régionales et les cultures « subalternes » restent dans cette nation encore inaudibles. Les langues créoles ont en commun avec les divers parlers d'Occitanie une histoire coloniale et l'émergence derésistances face au pouvoir central. La domination des « civilisés » sur les « sauvages », du « progrés » sur l'« arriération », de la culture « savante » sur la culture « populaire » a marqué les Caraïbes, la Bretagne, l'Océan Indien, l'Alsace, la péninsule indochinoise, le Pays Basque, l'Amazonie, la Corse...
Elle a voulu rendre illégitime et dévaluer des savoirs et expressions populaires riches de leurfacteurs humain et écologique, riche de leur Histoire. Des insoumis s'insurgent depuis toujours contre cette domination. Nous revendiquons en être en usant d'une langue minorisée, en exprimant nos particularismes pour nous brancher sur un universel alternatif, un universel qui ne soit pas un oppresseur. Porter la parole et le verbe comme acte de revendication culturelle, c'est mettre en récit la complexité de nos îles-mondes et les construire en atolls interconnectés. La force de la créolisation, c'est l'émancipation. Le réenchantement du monde passera selon nous par les langues des peuples-poètes, par les patois, les argots et les néologismes heureux.

Les participants à ce banquet félibréen interviendront de la manière qui leur plaira : lecture de texte, chanson mono ou polyphonique, rap, slams, poèmes, textes, improvisations... 
Pour donner la parole aux ploucs, aux bâtards, aux sauvages, aux infâmes et illégitimes...
Le banquet sera accompagné par Radio ondes courtes et le SoundSystem de L'Ane Solo qui aura en charge la répartition des interventions et Radio Lenga d'Oc qui enregistrera ce moment en vue de l'édition des Actes de l'Aiòli Kwéol.

Pour déjà moudre de la gousse, voici un texte de CHAB (Mauresca,Doctors de Trobar) autour de la question :

« À propos de la littérature occitane, Philippe Gardy développe l’idée d’une écriture en archipel : chaque auteur est à la fois sur son île, parfois son îlot, aux quatre coins de l’espace occitan morcelé dans ses variétés dialectales, et pourtant relié aux autres, à l’immense Occitan-Océanie des terres émergées de la langue d’oc. Plus loin, c’est à l’horizon des langues latines et du monde entier que s’étend le réseau. Et si la langue d’oc était avant tout cette exploration, ce voyage de flibustier, d’île en île, de ville en ville, de contre-capitale en contre-capitale comme l’écrirait peut-être F-M Castan ? Nous voilà donc devant nos frères d’outre-mer, avec Daniel Waro et la création réunionaise, et sur un rythme maloya, toutes ces questions refont surface. Serions-nous les créoles du continent ? Nous, les passionnés de la langue d’oc, du breton, du basque, du corse, de l’alsacien, et j’en passe… toutes ces autres langues de France (et d’ailleurs) ne nous empaysent plus mais nous dépaysent tous, on s’y accroche comme sur un atoll que l’on explore avec étonnement, une terre lointaine. On y rêve des trésors enfouis, on les fantasme aussi. Seuls sur l’île, nous sommes condamnés à disparaître, nous nous jetons donc à l’eau (manda-te dins l’aiga !) ou nous nous élevons sur les sommets pour voir les autres terres, les autres espaces qui tissent une géographie mosaïque. Et si retrouver la langue d’oc c’était avant-tout se découvrir « créole » ? Pour enfin se libérer de l’unique langue standardisée d’une nation qui nie sa pluralité. Je castanise… Créole parce que langue du peuple, de ceux que l’on a toujours voulu écraser, l’inverse de la langue du marché, de la langue efficace des économistes qui simplifie et dépoétise. Revendiquons donc le droit au patois, c’est une clé pour voir le monde avec des yeux neufs et pour accéder à ce qu’Edouard Glissant appelle la pensée archipélique. » 

Lo Collectiu Còp-sec, février 2017.